Épargne salariale La Banque Postale : comment ça marche ?

Publié le

par Jean-Philippe Marcon

Épargne salariale La Banque Postale : comment ça marche ?

Vous travaillez au sein du Groupe La Poste ou dans l’une de ses filiales, et vous cherchez à donner un coup de pouce à votre épargne sans vous compliquer la vie ? Les plans d’épargne salariale proposés par La Banque Postale sont un levier souvent sous-estimé. Entre l’abondement de l’employeur et les avantages fiscaux, le mécanisme mérite qu’on s’y attarde. Voici les conditions d’accès, les deux dispositifs disponibles (PEG et PERCOL) et ce qu’il faut savoir avant de vous lancer.

Qui peut ouvrir un plan d’épargne salariale à La Banque Postale ?

L’éligibilité dépend de votre statut et de votre ancienneté. Les fonctionnaires, les salariés en CDI ou CDD (y compris en arrêt maladie ou congé maternité), ainsi que les apprentis et les contrats de professionnalisation peuvent ouvrir un PEG ou un PERCOL, à condition de justifier de trois mois d’ancienneté dans le Groupe La Poste. Les salariés de filiales comme Mediapost, Chronopost, Véhipost et Asendia Management sont également concernés.

Épargne salariale La Banque Postale : comment ça marche ?
Épargne salariale La Banque Postale : comment ça marche ?

Attention, certains profils sont exclus. Les intérimaires, les stagiaires et les retraités ne peuvent pas souscrire ces plans au sein de La Poste. Si vous êtes intérimaire, il faut vous tourner vers votre entreprise de travail temporaire (Manpower, Adecco, etc.). Par ailleurs, le personnel de DocaPost, Sofipost, Neolog et Poste Immo peut uniquement ouvrir un PEG, pas le PERCOL.

PEG et PERCOL : les deux facettes de l’épargne salariale

La Banque Postale propose deux enveloppes distinctes, qui répondent à des objectifs différents : le court-moyen terme d’un côté, la retraite de l’autre.

Le Plan d’Épargne Groupe (PEG), l’équivalent du PEE

Le PEG est un plan d’épargne d’entreprise classique, qui permet de se constituer un capital à moyen terme. Les sommes versées (prime d’intéressement, participation, versements volontaires) sont bloquées pendant cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé lié à un événement de la vie (mariage, naissance d’un troisième enfant, divorce, invalidité, décès, rupture du contrat de travail…).

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Pour ouvrir un PEG, il suffit d’effectuer un premier versement. Vous pouvez y loger tout ou partie de votre prime d’intéressement (à condition de le faire dans les 15 jours suivant son versement pour bénéficier de l’exonération d’impôt sur le revenu) ou réaliser des versements uniques ou programmés (mensuels, trimestriels, semestriels). La Poste complète alors ces sommes via l’abondement, dont le montant dépend du montant versé.

Le PERCOL, pour préparer la retraite

Le PERCOL (Plan d’Épargne Retraite Collectif) est le descendant du PERCO. Son avantage principal est de permettre des versements déductibles de votre revenu imposable, ce qui n’était pas le cas avec l’ancien PERCO. L’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf pour quelques cas de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, invalidité, surendettement…). C’est un outil pertinent si vous avez déjà une épargne de précaution et que vous cherchez à optimiser votre fiscalité tout en préparant l’avenir.

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Les avantages fiscaux et l’abondement : ce qui change vraiment

L’intérêt principal de l’épargne salariale réside dans le double avantage fiscal et le coup de pouce de l’employeur. Les sommes issues de la participation, de l’intéressement et de l’abondement placées sur un PEG ou un PERCOL sont exonérées d’impôt sur le revenu. Seules la CSG (9,2 %) et la CRDS (0,5 %) sont prélevées, soit un total de 9,7 % en 2023. Les plus-values réalisées sur les placements sont également exonérées d’impôt, ce qui n’est pas négligeable sur la durée.

L’abondement, c’est la cerise sur le gâteau : l’entreprise ajoute une somme à vos versements volontaires. Les taux et les plafonds sont fixés par accord d’entreprise. Sans cette aide, le rendement de votre épargne serait bien plus modeste. C’est un levier puissant pour booster votre épargne sans effort supplémentaire.

Comment gérer son épargne et effectuer un retrait ?

La gestion se fait en ligne, via l’espace dédié à l’adresse epargnant.epargne-salariale.labanquepostale.fr. Les identifiants de connexion sont envoyés chaque année en mars, lors du versement de la prime d’intéressement (si vous y avez droit). Le mot de passe est défini lors de la première connexion.

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Pour récupérer les sommes disponibles sur le PEG (au terme des cinq ans ou lors d’un déblocage anticipé), il suffit de se rendre dans la rubrique « Agir sur mon épargne ». La demande se fait en quelques clics.

Un point de vigilance si vous quittez le Groupe La Poste : vous pouvez conserver votre PEG ou PERCOL sans demander le déblocage. Mais attention, si vous partez pour une raison autre que la retraite, des frais annuels de tenue de compte de 26 € par an seront prélevés sur vos avoirs. Ces frais ne s’appliquent pas si vous restez dans le groupe. Par ailleurs, les versements que vous effectuerez après votre départ ne donneront plus droit à l’abondement.

Ce qu’il faut retenir avant d’ouvrir un plan

L’épargne salariale à La Banque Postale est un dispositif intéressant si vous êtes éligible et que vous avez un horizon de placement cohérent. Pour le PEG, c’est un complément à moyen terme (5 ans) qui peut financer un projet immobilier ou faire face à un coup dur. Pour le PERCOL, c’est un outil de préparation à la retraite qui offre une déduction fiscale immédiate. Mais ce n’est pas une solution miracle : les sommes sont bloquées, et les frais peuvent grignoter les gains si vous quittez l’entreprise prématurément. Avant de vous décider, comparez avec d’autres produits d’épargne comme le plan d’épargne logement ou l’assurance-vie, qui offrent plus de flexibilité. Et si vous êtes mal coté en Banque de France, sachez que l’épargne salariale n’est pas un levier pour effacer un fichage : les solutions sont ailleurs.

Jean-Philippe Marcon
à propos de l'auteur, Jean-Philippe Marcon
Picard depuis mon enfance, à l’issue de mes études de journalisme j'ai décidé de communiquer autour du beau département de l'Aisne, mais je me suis rapidement intéressé à toutes sortes d'actualités que je partage sous un axe très personnel.

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