Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents

Publié le

par Jean-Philippe Marcon

Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents

Se lancer sans regarder ce qui se fait autour de soi, c’est un peu comme naviguer sans boussole. L’analyse de la concurrence, ou benchmark, n’est pas une formalité administrative. C’est un outil qui vous évite de réinventer la roue ou, pire, de proposer une offre que personne n’attend. Elle vous donne une photographie du marché à un instant T, pour repérer les tendances, les failles et les opportunités que vos concurrents ont laissées ouvertes.

Beaucoup de créateurs hésitent à se lancer, freinés par quelques préjugés. « Il y a trop de concurrents, ça me fait peur. » En réalité, c’est souvent un bon signe : un marché saturé prouve qu’il y a de la demande et un potentiel réel. Votre travail sera alors de trouver un angle pour vous différencier. À l’inverse, penser « je dois faire comme mes concurrents » est une erreur. Leur stratégie n’est pas forcément la bonne pour vous. Enfin, « mes produits n’intéresseront personne » est une peur qui se dissipe quand on analyse finement les besoins réels des clients. Le plus dur n’est pas d’arriver premier, mais de le rester.

Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents
Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents

Concurrence directe ou indirecte : ne négligez pas la seconde

Avant de lancer votre analyse, il faut savoir qui vous regardez. On distingue deux types de concurrents.

La concurrence directe regroupe les entreprises qui proposent un produit ou service similaire au vôtre, sur le même marché. Si vous ouvrez une boulangerie, c’est l’autre boulanger du quartier. La concurrence indirecte est plus subtile : elle répond au même besoin que vous, mais avec une offre différente. Pour votre boulangerie, le supermarché qui vend du pain industriel ou le service de livraison de petit-déjeuner sont des concurrents indirects. Une erreur fréquente est de sous-estimer leur impact. Parfois, ils captent une partie de la clientèle que vous ciblez, sans que vous les ayez vus venir.

Les 3 étapes pour un benchmark concret et utile

Pour que votre analyse ne reste pas une simple collection de fiches, il faut une méthode. Voici trois étapes qui vous évitent de vous perdre dans les données.

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Étape 1 : Sélectionnez vos cibles et collectez les bonnes informations

Ne cherchez pas à analyser tout le monde. Choisissez 4 ou 5 concurrents qui se rapprochent le plus de votre projet, par leur taille, leur positionnement ou leur clientèle. Mélangez des concurrents directs et indirects. Ensuite, partez en quête d’informations.

Internet est votre premier allié : parcourez les sites web de vos concurrents, lisez les avis clients sur les réseaux sociaux, et consultez des bases de données comme Infogreffe pour des données chiffrées (date de création, chiffre d’affaires si disponible). Mais ne vous arrêtez pas là. L’approche terrain est précieuse. Allez sur les salons professionnels en tant que client mystère, récoltez les catalogues et flyers, et surtout, parlez à votre cible. Interrogez vos clients potentiels sur ce qu’ils pensent des offres existantes. Les fournisseurs et les experts du secteur sont aussi une mine d’informations que l’on oublie trop souvent.

Étape 2 : Structurez vos données dans un tableau de synthèse

Une fois vos informations réunies, il faut les organiser. Le meilleur outil reste un tableau simple, qui vous permet de comparer vos concurrents sur des critères identiques. Voici une trame possible.

Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents
Benchmarking : 3 étapes pour analyser vos concurrents
Critère Concurrent A Concurrent B Concurrent C
Type de concurrent (direct/indirect)
Localisation et zone de chalandise
Offre produits et services
Politique tarifaire
Stratégie de communication (canaux, ton)
Forces et points forts
Faiblesses et points à améliorer
Réputation et avis clients

Ce tableau vous offre une vision claire. Vous pouvez ainsi repérer les lacunes du marché : un concurrent a une excellente offre mais une communication inexistante, un autre est cher mais avec un service client déplorable. C’est là que se trouvent vos opportunités.

Étape 3 : Passez de l’observation à l’action

Un tableau rempli n’est pas une fin en soi. La dernière étape consiste à en tirer des conclusions pour votre propre offre. L’objectif n’est pas de copier vos concurrents, mais de construire un avantage concurrentiel. Demandez-vous : que puis-je faire de mieux ? Où puis-je être différent ?

Par exemple, si tous vos concurrents directs misent sur un service haut de gamme et des prix élevés, peut-être pouvez-vous vous positionner sur un segment plus accessible et plus pratique. Si personne ne propose un service après-vente réactif, faites-en votre argument principal. Le benchmark vous aide à définir votre positionnement unique sur le marché.

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Les erreurs qui ruinent un benchmark

Même avec une bonne méthode, on peut tomber dans des pièges. Le premier est de considérer le benchmark comme une action ponctuelle. Le marché bouge, de nouveaux entrants arrivent, les concurrents évoluent. Votre analyse est une photo à un instant T. Il faut la mettre à jour régulièrement, au moins une fois par an.

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Deuxième erreur : se focaliser uniquement sur le contenu de l’offre et négliger la stratégie commerciale ou la communication. Le prix et le produit sont importants, mais la manière dont on vend et dont on se fait connaître l’est tout autant. Un concurrent peut avoir un produit moyen, mais une marque forte. Cela compte.

Enfin, ne tombez pas dans le piège de la paralysie. Certains entrepreneurs passent des mois à analyser, sans jamais lancer leur projet. Le benchmark est un outil d’aide à la décision, pas un prétexte pour ne pas agir. Fixez-vous une date limite pour votre analyse et passez à l’étape suivante.

Un conseil pour finir : ne faites pas du benchmark une obsession

L’analyse de la concurrence est un levier puissant, mais elle a ses limites. Vous pouvez passer des heures à décortiquer le marquage au sol entreprise de votre concurrent ou sa politique de prix, sans jamais toucher à l’essentiel : la qualité de votre propre relation client. Le benchmark vous donne des repères, il ne remplace pas votre intuition ni votre connaissance du terrain. Utilisez-le pour valider vos choix, pas pour les dicter. Et si vous sentez que vous passez plus de temps à regarder chez les autres qu’à construire votre propre projet, c’est peut-être le moment de refermer le classeur et de passer à l’action.

Jean-Philippe Marcon
à propos de l'auteur, Jean-Philippe Marcon
Picard depuis mon enfance, à l’issue de mes études de journalisme j'ai décidé de communiquer autour du beau département de l'Aisne, mais je me suis rapidement intéressé à toutes sortes d'actualités que je partage sous un axe très personnel.

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