Quand un salarié part en congé, son salaire habituel est remplacé par une indemnité de congés payés. L’employeur doit la calculer selon deux méthodes imposées par le Code du travail : la règle du 1/10e et celle du maintien de salaire. Le salarié perçoit obligatoirement le montant le plus favorable des deux. Voici comment appliquer ces formules sans se tromper.
Quelles sommes entrent dans le calcul de l’indemnité ?
Tous les éléments de la rémunération brute ne sont pas pris en compte. Il faut distinguer ce qui est inclus de ce qui est exclu.

| Sommes prises en compte | Sommes exclues |
|---|---|
| Salaire de base | Prime de fin d’année |
| Majorations (heures sup, travail de nuit) | Prime d’intéressement |
| Salaire reconstitué (congé maternité, arrêt maladie) | Prime de bilan |
| Indemnité de congés payés de l’année précédente | Prime de participation |
| Prime d’ancienneté (si versée sur l’année entière) | Frais professionnels |
| Prime d’assiduité mensuelle | 13e mois (sauf s’il est versé sur l’année entière) |
| Commissions, prime d’astreinte, avantages en nature | |
| Indemnités de fin de contrat (CDD, intérim) |
Un point à retenir : les primes exceptionnelles ou celles non affectées par la prise de congés sont exclues. En revanche, les indemnités versées pendant les périodes assimilées à du travail effectif (comme un arrêt maladie professionnelle) sont intégrées.
La règle du 1/10e : comment l’appliquer ?
Cette méthode consiste à prendre 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la période de référence. La période de référence court généralement du 1er juin de l’année précédente au 31 mai de l’année en cours. Pour un salarié arrivé en cours d’année, on prend le brut perçu depuis son embauche jusqu’au 31 mai.
Le calcul se fait en deux temps :
- Additionner toutes les sommes prises en compte sur la période.
- Multiplier par 10 %, puis ajuster au prorata des jours de congé pris.
Exemple concret : Un salarié a perçu 24 000 € brut sur la période. L’indemnité annuelle est de 2 400 € (24 000 ÷ 10). Pour deux semaines de congés, soit 12 jours ouvrables ou 10 jours ouvrés : (24 000 ÷ 10) × (12 ÷ 30) = 960 €. Le résultat est identique en jours ouvrés : (24 000 ÷ 10) × (10 ÷ 25) = 960 €.
La méthode du maintien de salaire : comment la calculer ?
Cette méthode simule le salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé. On utilise le même salaire brut que pour la règle du 1/10e, mais on applique une formule de déduction d’absence.
Le calcul de l’absence se fait ainsi :

- En jours ouvrables (6 jours par semaine) : rémunération mensuelle × nombre de jours de congé ÷ 26.
- En jours ouvrés (5 jours par semaine) : rémunération mensuelle × nombre de jours de congé ÷ 21,67.
Exemple : Un salarié à 2 000 € brut par mois prend deux semaines de congés (10 jours ouvrés). Le calcul est : 2 000 × (10 ÷ 21,67) = 922,93 €. Avec la méthode du 1/10e, on obtenait 960 €. C’est donc la règle du 1/10e qui s’applique, car elle est plus avantageuse.
L’employeur doit comparer les deux résultats à chaque prise de congé ou au moins une fois par an. Le montant le plus élevé est obligatoirement versé.
Quelles erreurs éviter dans le calcul ?
Une erreur dans le calcul de l’indemnité expose à des litiges prud’homaux, des erreurs de paie répétées et un risque de non-conformité lors d’un contrôle URSSAF. Voici les pièges les plus fréquents :
- Oublier des éléments de rémunération : les heures supplémentaires, les commissions, les avantages en nature doivent être inclus.
- Exclure à tort certaines périodes : un arrêt maladie professionnelle ou un congé maternité sont assimilés à du travail effectif.
- Confondre jours ouvrables et jours ouvrés : la formule de déduction change. Les jours ouvrables incluent le samedi, les jours ouvrés non.
- Ne pas comparer les deux méthodes : l’employeur qui applique systématiquement la même méthode sans vérifier l’autre risque de sous-payer le salarié.
Quand la règle du 1/10e est-elle plus avantageuse ?
La règle du 1/10e est souvent plus favorable pour les salariés dont la rémunération varie (heures supplémentaires, primes, commissions). Elle lisse le salaire sur l’année et peut donner un montant plus élevé que le maintien de salaire, surtout si le salarié a eu des périodes de forte activité.
À l’inverse, le maintien de salaire est généralement plus intéressant pour un salarié au salaire fixe qui prend peu de congés. Mais dans tous les cas, l’employeur doit effectuer les deux calculs.
Comment éviter les erreurs de paie au quotidien ?
La gestion manuelle des congés expose à des oublis et des incohérences. De nombreuses entreprises utilisent un logiciel de gestion des congés pour automatiser le suivi des soldes et le calcul des indemnités. Ces outils permettent un export direct vers la paie et une mise à jour automatique des compteurs, quel que soit le type de jours (ouvrables ou ouvrés) ou le temps de travail (temps plein, partiel).
Pour un employeur, le choix est simple : soit il maîtrise parfaitement les deux méthodes et les applique rigoureusement à chaque période de congé, soit il s’équipe d’un outil qui les calcule à sa place. Dans les deux cas, la comparaison systématique des deux résultats reste la seule façon d’être en conformité avec le Code du travail et d’éviter les litiges.






